PIERRES DE COULEUR

INTRO A FAIRE

Mediam Suisse est un fournisseur de pierres de couleur pour les professionnels de la haute-joaillerie et de l’horlogerie. Diplômé en Gemmologie, notre expert Alexandre MARTIN est un spécialiste des pierres précieuses et fines.

PHOTOS des pierres
Meule de lapidaire
Mine(s)
Bruts avant/après
Météorite

Pierres précieuses, les 4 fameuses et illustres,

diamant, émeraude, saphir (bleu), rubis

Diamant. Nous vous renvoyons aux onglets de notre site dédiés à cette matière, la plus chère et la plus renommée de toutes. 

  • Espèce minérale : diamant
  • Système cristallin : cubique
  • Composition chimique : carbone
  • Densité : 3.47-3.55
  • Fluorescence : +/- 30% des diamants montrent une réaction quand exposés aux Ultra-Violet. Un effet négatif de la fluorescence (aspect laiteux) est observé sur seulement 10% de ces diamants fluorescents, si bien que la fluorescence n’est pas nécessairement un « mal » lors de l’achat, si elle n’a pas d’impact négatif sur la pierre.
  • Couleur : toutes les couleurs 
  • Indice de réfraction : 2.42
  • Biréfringence : non
  • Éclat /Lustre : adamantin / Dispersion : 0.044
  • Dureté : 10 (échelle de Mohs- résistance à la rayure) – 58x plus résistant que toutes les autres matières sur la terre, ce qui ne l’empêche pas d’être fragile et de pouvoir casser.

Émeraude

Fiche technique

Espèce minérale : groupe des Beryls

    • Système cristallin : hexagonal 
    • Composition chimique : Be3Al2(Si6O18) – La couleur est due à la présence de Chrome et/ou de Vanadium
    • Densité : 2.67-2.80
    • Fluorescence : 
    • Couleur : vert clair à vert foncé, effet de chatoyance, d’astérisme et forme en Trapiche
    • Indice de réfraction : 1.560/1.602
    • Biréfringence : -0.004-0.010
    • Caractère optique : Uniaxe négatif / Polariscope : Anisotrope
    • Éclat /Lustre : Vitreux / Dispersion : 0.014
    • Pléochroïsme : Net 
  • Dureté : 7-8/10 (échelle de Mohs- résistance à la rayure) 
  • Résistance aux chocs : Fragile – très délicate à sertir / Résistance à la chaleur : Mauvaise, destruction vers 600°C (à cause des givres)

Saphir

Fiche technique

Espèce minérale : groupe des Hematites, Famille des Corindons 

  • Système cristallin : rhomboédrique / Trigonal
  • Composition chimique : oxyde d’aluminium (Al2O3) 
  • Densité : 3,95 à 4,05
  • Fluorescence : réagit avec une proportion suffisante de Chrome, est inerte ou faible avec beaucoup de Fer
  • Couleur : le terme « Saphir » désigne toujours la couleur bleue / pour les autres couleurs, on ajoute la couleur après le mot saphir, saphir jaune, saphir vert, saphir rose, etc. 

La couleur est due à la présence de Fer et de Titane 

  • Indice de réfraction : 1.757 – 1.774
  • Biréfringence : 0,008-0,009 
  • Caractère optique : Uniaxe négatif / Polariscope : Anisotrope
  • Éclat /Lustre : Vitreux à la limite du Subadamantin / Brillance : élevée / Dispersion : 0.018
  • Pléochroïsme : Net 
  • Dureté : 9/10 (échelle de Mohs- résistance à la rayure) – +/-2035 (échelle de Vickers – résistance à la pression)
  • Résistance aux chocs : Bonne 

Rubis

Fiche technique

Espèce minérale : groupe des Hematites, Famille des Corindons 

    • Système cristallin : Trigonal
    • Composition chimique : oxyde d’aluminium (Al2O3) 
    • Densité : 3,80 à 4,05
    • Fluorescence : réagit avec une proportion suffisante de Chrome
    • Couleur : Rouge, Rouge Magenta avec sous-teintes possibles de pourpre à rose. La couleur rouge est due à la présence de Chrome 
    • Indice de réfraction : 1.759 – 1.774
    • Biréfringence : 0,007-0,009 
  • Caractère optique : Uniaxe négatif Polariscope Anisotrope
  • Éclat /Lustre : Vitreux à la limite du Subadamantin / Brillance : élevée / Dispersion : 0.018
  • Pléochroïsme : Net 
  • Dureté : 9/10 (échelle de Mohs- résistance à la rayure) – +/-2035 (échelle de Vickers – résistance à la pression)
  • Résistance aux chocs : bonne / Résistance à la chaleur : très bonne 

LES PIERRES DE COULEURS (HORS DIAMANTS) ET LEURS CRITÈRES D’APPRÉCIATION

Il faut toujours considérer différents facteurs combinés pour juger d’une pierre de couleur : 

« la saturation » qui détermine la quantité de couleur présente, 

« la teinte » qui détermine la couleur primaire et éventuellement la teinte secondaire, comme par exemple un jaune franc peut aller du jaune légèrement teinté de vert au jaune légèrement teinté d’orange ; pour avoir une teinte franche, une pierre de couleur doit avoir au moins 85% d’une seule couleur bien déterminée,

« la tonalité » qui détermine le niveau de luminosité de la couleur, on parle alors de « masque » et une pierre peu lumineuse, qui « joue noir » aura alors un « masque noir (trop sombre) »,

« la taille » qui est essentielle et apporte la vie à la pierre et peut être jugée en termes de proportions, de finitions, de symétrie et de qualité de polissage ; la Taille ou Cut (coupe) peut sublimer une couleur comme elle peut l’éteindre si elle est mal faite en présentant par exemple des « fenêtres » (un « trou » dans le jeu de réfraction interne de la lumière, qui fait qu’on voit au travers de la pierre) ; de même les critères de Taille doivent être pris en compte pour l’estimation générale des gemmes ; les pierres dites « lourdes » où le tailleur a gardé trop de poids (pour augmenter le prix) au détriment des principes physiques de taille, ou des pierres facettées de façon négligée, irrégulière, avec un mauvais polissage (qui ternit la pierre) ou avec des égrisures marquées, etc.

« la pureté » qui peut affecter la perception de la couleur, bien que n’étant pas aussi déterminante dans l’estimation de la valeur, comme elle peut l’être dans le diamant; en effet  les pierres de couleur présentent souvent des inclusions ,qui sont pour le gemmologue comme des empreintes identitaires car elles permettent de déterminer l’origine naturelle de la gemme ainsi que parfois son origine géographique, si elle a été chauffée ou non, etc. Certaines gemmes comme l’émeraude sont souvent assez incluses avec des inclusions reconnues comme valorisantes (car typiques) et sont même appelées « Jardin d’Émeraude ».  Toutefois la règle de « la pierre la plus pure » reste toujours valable dans les gemmes : plus une pierre est pure, plus elle est rare et difficile à trouver dans la nature, donc valorisable au niveau marchand. Il est possible de nommer des types de puretés, la meilleure étant dite « Loup Clean » (propre à la loupe), ensuite « Eye Clean » (inclusions invisibles à l’œil), et enfin de caractériser les différents niveaux d’inclusions perceptibles à l’œil, qui peuvent être légers, importants, bien ou mal positionnées (en plein centre, de côté, etc.), etc. L’essentiel pour la pureté des gemmes de couleur étant de toujours bien garder à l’esprit que des inclusions ne sont pas forcément gênantes/dévalorisantes tant qu’elles n’affectent pas la brillance et la perception de la couleur (contrairement aux critères appliqués aux diamants blancs).

« la Transparence » caractérise la capacité de la lumière à passer au travers de la matière ; la transparence est liée à la matière elle-même, mais aussi à la clarté/la pureté de la pierre, des inclusions nombreuses pouvant altérer la transparence d’une gemme. 

Les gemmes peuvent donc être transparentes, translucide (ni opaque ni transparente mais entre les deux) ou opaques. 

« Le Pléochroèisme », qui est l’absorption différente de la lumière suivant les directions cristallographiques de la pierre a un impact plus ou moins marqué sur la perception de la couleur.

Il a aussi un rôle pour le lapidaire (le tailleur des pierres de couleur) car il permet de déterminer dans quel sens tailler la pierre pour avoir la meilleure couleur : par exemple pour un saphir d’un bleu soutenu, on verra (grâce au dichroscope) un axe bleu soutenu (couleur unique – axe optique) et une direction avec 2 couleurs bleu soutenu/bleu vert – vert, il faudra donc tailler la table perpendiculairement à l’axe optique (pas celui qui a les 2 couleurs) pour révéler la meilleure couleur, la couleur franche. Le sens de taille d’une pierre participe donc activement à la révélation de sa couleur. A savoir que la plupart des gemmes utilisées en joaillerie présentent un pléochroïsme (de très faible à très marqué), tandis qu’un seul système cristallin, le système cubique (diamant, grenat, spinelle, fluorite, etc.) est « isotrope », donc avec les mêmes caractéristiques dans toutes les directions de la pierre. 

La plus connue des pierres à fort pléochroisme est sans doute la Zoïsite, avec son trichroïsme (3 couleurs couleurs assez nettes apparaissent) marqué comme dans la Tanzanite.

« La fluorescence » d’une pierre peut également impacter la couleur de façon subtile. Il s’agit de la capacité d’une matière à réagir aux Ultra-Violet, UV longs et courts. Elle révèle par exemple la présence de Chrome dans les rubis et les spinelles et est aussi un des « outils de reconnaissance » utilisé par le gemmologue.

« L’Origine », l’origine géographique représente en effet un enjeu de poids pour déterminer le prix des pierres précieuses & fines, car elle reflète en général une ou des spécificité(s) propre à l’origine géologique des gemmes : soit que les gisements sont épuisés ou produisent très peu de quantité de gemmes, ce qui introduit un facteur de rareté supplémentaire, soit qu’ils sont connus pour avoir produit ou produisent encore des gemmes de qualité/couleur exceptionnelles.

*par exemple un saphir ou un rubis de Mogok, donc authentifiés de Birmanie (le Myanmar aujourd’hui), ou un saphir en “Velvet Blue” authentifié du Cachemire, représentent par leur origine seule (et à cause de leur grande rareté bien-entendu et de la qualité exceptionnelle qui peut sortir de ces mines) une véritable “appellation”, un “branding”, une marque de fabrique qui les portent aux nues en termes de valorisation. 

Il en va de même avec les Tourmaline originaires du Brésil dites « Paraïba » et les traces uniques de cuivre dans leur composition chimique, qui leur donnent une couleur extra-ordinaire. Même si des mines africaines de tourmaline ont révélés des caractéristiques identiques (présence de cuivre également), les Paraíbas originelles restent un « Must » et une rareté sur le marché.

« La Rareté », est un facteur premier et évident pour la valorisation d’une gemme. En général plus les gemmes sont de haute qualité (Couleur/Taille/Pureté) et plus elles sont importantes en poids (carats), plus elles sont rares. Dans la nature les quantités de gemmes brutes de petites dimensions sont en effet toujours plus importantes que celles des gemmes brutes de grandes dimensions (en belle qualité-gemme) et les gemmes exceptionnelles importantes sont donc « exponentiellement » plus rares.

D’un point de vue économique, le développement des nouveaux marchés des pays anciennement appelés « émergeants » tels que par exemple la Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie, etc., et l’apparition de nouvelles classes moyennes avec un pouvoir d’achat notable, augmente exponentiellement la demande pour les belles gemmes et rendent plus difficiles qu’avant l’obtention de certaines marchandises.

« La question de la dureté » est importante à expliciter, bien qu’elle n’entre pas directement dans les critères d’appréciation d’une gemme. Il faut juste avoir conscience qu’une gemme est une matière précieuse dont il faut prendre soin, et qui, si elle résiste au temps n’est pas indestructible quand on la porte. Par ailleurs certaines gemmes comme les opales par exemple sont particulièrement sensibles à leur environnement extérieur, au soleil, aux chocs, etc., comme c’est aussi le cas des matières organiques comme les perles

L’échelle de dureté de Moh, de 1 à 10 est celle utilisée pour déterminer la résistance d’une gemme à la rayure. Ainsi le diamant est à 10, le saphir à 9, l’émeraude à environ 7.5, etc. Cependant, résistance à la rayure ne veut pas nécessairement dire résistance aux chocs ! Certains minéraux comme l’émeraude par exemple, qui a une dureté entre 7 et 8 est « affaiblie » par la présence de nombreuses fractures internes et souvent d’inclusions qui la rendent délicate à sertir et la fragilisent. Une pierre précieuse ou fine peut donc casser, même un diamant, et ceci indépendamment de son indice de dureté. 

« La Permanence », ou la capacité de la plupart des gemmes à traverser le temps sans altération, est un facteur d’appréciation. Notre contingence physique, notre temporalité, nous a toujours poussé, paradoxalement, à nous tourner vers l’infini, avec un phantasme d’immortalité que nous pouvons projeter dans des objets indifférents à l’action du temps. C’est ce que nous faisons quand nous transmettons nos biens à nos enfants, nous donnons une partie de nous-même, que nous avons incarnée : les bijoux sont en ce sens des objets de transmission fortement chargés. Non seulement une pierre peut avoir plusieurs centaines de millions d’années, voire des milliards d’années (pour le diamant par exemple), donc un fort ancrage dans le temps (passé) mais elle est vouée à perdurer, à nous survivre et ainsi à se transmettre comme un lien puissant de générations en générations.

« Le Certificat de laboratoire », existe bien-entendu pour les pierres de couleur comme pour le diamant, bien qu’il ne porte pas aussi spécifiquement sur les questions de Taille (Cut) et de Pureté comme c’est le cas pour le diamant. 

En effet, le certificat des pierres de couleur apporte les informations utiles sur le caractère « naturel » de la gemme, si elle a subi ou non un traitement, notamment un chauffage simple, un ajout d’huile (pour les émeraudes en particulier), sur la description de taille, du poids, des mesures, sur la couleur bien sûr, et enfin, quand cela est déterminable, sur son origine.

Les laboratoires ont chacun leur spécificité et si l’on trouve en général toujours un descriptif de base commun des éléments caractéristiques clés de la gemme, certains mentionneront le niveau de « transparence » de la pierre, le niveau de saturation de la couleur, ou encore pourront commenter son origine, etc. 

Les laboratoires de référence utilisés en Europe (la plupart étant suisses) sont les suivants : le « SSEF » et « Gübelin », qui ont une réputation internationale incontestée, de même que le « GRS » sûrement le plus utilisé à travers le monde, la certification de « C.Dunaigre » et du « GGTL », aussi installés en Suisse, l’excellente certification du laboratoire « Lotus Gemology» de Bankgok, géré par un des plus grands spécialistes de Rubis et Saphirs au monde, Richard.W.Hughes.

A noter que le « GIA », LE laboratoire de référence pour le diamant, fournit aussi des certifications pour les pierres de couleur.

Chez Mediam Suisse, nous utilisons bien sûr beaucoup de « GRS » mais avons une préférence nettement marquée quand il s’agit de pierres exceptionnelles pour le « SSEF », qui fournit aussi parfois des « appendix » très intéressants sur les gemmes (commentaires sur l’origine, le caractère exceptionnel de tel ou tel aspect de la gemme analysée, etc.) et très utiles pour leur valorisation.

Le certificat de laboratoire ayant un coup assez important, il n’est pas systématiquement réalisé, si la pierre est par exemple inférieure à 2 ou 3 carats et/ou a une valeur marchande qui ne justifie pas l’ajout d’un cout supplémentaire conséquent.

En revanche il est essentiel pour des pierres de valeur (supérieures en valeur à plusieurs milliers de francs), et tout particulièrement pour des pierres dont l’origine et le fait d’être « naturelle » sans aucun traitement, ni chauffe, a un impact direct sur sa valorisation : 

*par exemple un rubis birman non-chauffé en couleur « Sang de Pigeon » ou un saphir du Cachemire non-chauffé en couleur « Velvet Blue », verront leur valeur décuplée par l’attestation du certificat validant leur origine et leur caractère « naturel » (sans aucun traitement ni amélioration extérieure telle qu’une chauffe simple par exemple).

Si le marchand n’a pas estimé pertinent de faire un certificat (rapport coût/valeur), vous pouvez toutefois toujours lui demander d’en faire réaliser un, dont le coût pourra alors vous être refacturé, après acceptation de votre part du devis. 

Le certificat est un véritable outil de travail, ainsi qu’une sécurisation tant pour le vendeur (même étant gemmologue, ce dernier n’a en effet pas forcement toutes les machines, ni la technologie de pointe, disponibles dans les grands laboratoires, et certaines conclusions, par exemple sur la chauffe naturelle ou faite par l’homme d’une gemme, peuvent être problématiques même avec l’équipement lourd des meilleures laboratoires) que pour l’acheteur.

Les traitements d’amélioration

Traitements simples communément admis

La simple chauffe, une pratique qui remonte à l’antiquité, et consiste à « poursuivre » le processus naturel d’exposition des gemmes à la chaleur, tel qu’il aurait pu avoir lieu dans les entrailles de la terre, pour modifier ou renforcer ou mieux répartir une couleur et/ou améliorer la pureté; cette pratique est effectuée sur plus de 95% des corindons (Rubis et saphirs, saphirs de couleur) et est reconnue et acceptée comme une pratique « traditionnelle » par tous les marchands du monde, d’autant plus qu’elle a un effet permanent sur la gemme ; elle doit cependant toujours être clairement explicité par le vendeur de gemmes et figure d’ailleurs dans les caractéristiques des certificats de laboratoire ; il va sans dire qu’une pierre « non-chauffée » donc avec sa couleur 100% originelle vaudra toujours beaucoup plus chère qu’une pierre chauffée ,et son prix pourra alors doubler, voire tripler.

Pour les petites pierres, dites de pavage, et particulièrement pour les corindons, nous considérons en général que ces pierres sont chauffées (chauffe simple), d’emblée. 

Il est à noter que, notamment pour les pierres de pavage, les saphirs oranges et jaunes ont souvent subit un traitement dit « par diffusion » (voir section dédié ci-dessous) avec un ajout de béryllium (interaction entre des éléments-trace naturels et le Béryllium (Be) artificiellement diffusé par un traitement à hautes températures ou « HT »), un traitement qui peut être artisanal (chauffe simple avec présence dans le « four » de Chrysobéryl) ou plus « industriel » et est assez commun pour ces pierres, mais qui doit cependant être clairement spécifié par le marchand.

Parmi les pierres fines, seules quelques variétés sont très souvent chauffées comme par exemple la Tanzanite, qui peut alors arborer alors un bleu ou un bleu-violet intense et profond, ou la Citrine (qui est en réalité le plus souvent une améthyste traitée/chauffée).

La chauffe simple traditionnelle n’est pas pratiquée sur les diamants (qui sont chauffés à Haute Température ET sous Haute Pression ou « HPHT ») ni sur les émeraudes. Non plus en général, sur bon nombre de pierres fines recherchées telles que les spinelles, les grenats, les tourmalines, etc. ce qui leur donne une valorisation certaine et les met en avant sur la scène des gemmes hautement désirables. 

La chauffe (voire d’autres traitements) n’est toutefois pas jamais totalement exclue, même si elle n’est pas courante sur beaucoup de pierres fines, et un certificat de laboratoire est toujours conseillé pour les plus belles gemmes. 

Le cas particulier de l’émeraude, est à expliciter car si cette variété de Béryl n’est pas « chauffé » elle subit en revanche très régulièrement un « remplissage » dit « huilage », à l’huile de cèdre, qui est aussi une pratique traditionnelle remontant à plus de 2000 ans, et qui permet de combler les micro-fractures très souvent présentes dans l’émeraude et d’atténuer le contraste de ses inclusions ; les émeraudes pures sont en effet très rares et comportent en général de nombreuses inclusions typiques, appelées les « jardins de l’émeraude », qui ne sont  pas forcément négatifs suivant leur nombres, leur contraste, leur disposition et l’impact qu’elles ont sur la perception de la couleur et la transparence de la pierre ; l’« huilage » peut être en gros « insignifiant », « modéré », « fort », suivant les grades et noms utilisés par les différents laboratoires, et doit être toujours spécifié par le vendeur de gemmes quand il en a eu connaissance ; il figure par ailleurs sur les certificats de laboratoire.

 

Traitements non-traditionnels

Techniques de « remplissage » des fractures à l’aide de matériaux tels que résines, verres, cires, polymères, etc.

-Émeraudes : d’autres types de remplissage peuvent avoir lieu sur l’émeraude, notamment avec des résines d’époxy, une matière qui durcit (avec un indice proche de celui de l’émeraude donc tendant à faire disparaitre les zones remplies dans la matière injectée), peut être colorée en vert, et donc tromper l’acheteur sur la réalité de la couleur et la pureté de la pierre, si ce remplissage n’est pas clairement mentionné par le vendeur. Par ailleurs, le remplissage des fractures aux résines d’époxy n’est en général pas permanent et peut avoir tendance à mal vieillir, notamment exposé au soleil, et donc à altérer la qualité originelle (Couleur/Pureté/aspect de surface) perçue de la pierre lors de l’achat.

-Autres gemmes : Il est à noter que ces techniques de remplissage peuvent s’appliquer sur presque toutes les gemmes.

Ainsi des techniques de remplissage des fractures à partir de verres, et notamment de verres enrichis au plomb (augmentant le pouvoir de réfraction de la matière) sont assez courantes et connues.

*par exemple pour les fameux rubis souvent très fracturés de Möng Hsu en Birmanie. 

-La « guérison » des fractures par remplissage, appelée « Healing », est une technique par laquelle un matériau (en général du Borax) va en fondant provoquer une cristallisation dans la zone remplie par l’agent de remplissage et s’intégrer ainsi littéralement à la matière hôte, la rendant donc irréversible. Cette technique s’applique particulièrement aux rubis.

 

Techniques dites « par diffusion », s’exercent par l’application d’éléments chimiques colorants en haute température qui vont modifier la couleur de surface d’une pierre ; la pierre, si elle est repolie reprendra alors sa couleur originale puisque le polissage lui fera perdre son traitement de surface. 

 

Techniques par irradiation, s’exercent par l’exposition de gemmes à des radiations, qui vient modifier leurs centres chromogènes et par là-même la perception par l’œil de la couleur. Les plus connues et répandues des gemmes irradiées étant sans aucun doute la Topaze bleu.

 

En termes légaux, les traitements sont tous supposés être qualifiés clairement.

*Par exemple, est considéré comme du corindon « traité », et doit donc être impérativement spécifié comme tel par le marchand, tout corindon ayant subi durant le chauffage l’apport d’éléments chimiques extérieurs (Diffusion) comme le Béryllium pour les saphirs jaunes et oranges ou les Titanuium/Chromium pour les saphirs (bleus). 

De même, l’utilisation de verre, de verre au plomb, de toute résine colorante, d’enrobage ou d’irradiation pour masquer les fissures par remplissage et/ou pour améliorer artificiellement ou changer la couleur, entrainent l’obligation d’utiliser le terme « traité ». 

Heureusement, pour la plupart des gemmes de qualité, des rapports de laboratoire sont disponibles, et autrement un gemmologue expérimenté pourra détecter un bon nombre de traitements et vous orienter sur les plus belles pierres et les meilleurs rapports qualité/prix.



Synthèses et Imitations 

Les imitations sont des matières ressemblant à d’autres matières (par exemple du verre enrichi au plomb coloré en bleu pour imiter du saphir, des plastiques ou des résines pour imiter l’ambre, des doublets ou triplets pour imiter des rubis ou des émeraudes, etc.), sans en avoir les caractéristiques physiques ou chimiques, au contraire des synthèses (donc fabriquées par l’homme) qui reproduisent ces caractéristiques propres.

Il existe de nombreuses synthèses pour les gemmes précieuses notamment pour le corindon, dans toutes les couleurs, dont les plus anciennes remontent à la toute fin du 19Ième Siècle pour le Procédé Verneuil et aux années autour de 1915 pour le Procédé Czochralski, suivis plus récemment par le procédé de Dissolution Anhydre et celui de Dissolution Hydrothermal.

Ce sont bien-entendu les diamants (procédés « HPHT » et « CVD » – Voir notre section diamant et l’article sur les diamants synthétiques LIEN), les émeraudes, les saphirs et les rubis qui sont les objets principaux de fabrication de synthèses. Les instruments courants/légers du gemmologue ne suffisent souvent pas à déterminer la nature synthétique d’une pierre et c’est alors les inclusions qui seront déterminante pour sa reconnaissance. Pour les diamants de synthèse, l’usage d’une machine ou le passage en laboratoire est obligatoire pour la détermination certaine d’une synthèse. 

Toutes les synthèses, comme les imitations d’ailleurs, peuvent être reproduites à l’infini et n’ont donc pas de facteur de rareté qui leur permettrait de conserver leur valeur dans le temps, ceci s’appliquant également aux diamants synthétiques : le prix des synthèses est donc incomparablement plus bas que celui des gemmes naturelles précieuses et fines (à qualité/poids/couleur identiques) qui conservent pour leur part une véritable valeur intrinsèque !

 

A noter, le cas intéressant des « doublets » et « triplets », des imitations composées d’un assemblage en « sandwich » de 2 ou 3 pierres transparentes naturelles (lame de grenat au centre par exemple) ou artificielles tels que verres, plastiques, etc., et/ou naturelles, collées ou « soudées » entre elles, dont une est en général colorée, imitant à moindre coûts des gemmes naturelles de valeur ; les premières traces de ces assemblages semblent remonter à l’antiquité et on en trouve des descriptions écrites précises datant du 16ième siècle en Italie ; ils sont devenus très populaires au 19 et 20 ième siècle. Il faut donc être très attentif quand on achète des pierres, même anciennes… 

 

Et il va sans dire que la prudence vaut également quand on se rend en direct sur site, dans les mines, car par exemple des corindons synthétiques peuvent aussi être « déguisés » en imitant des attributs et l’apparence d’une pierre brute, vraiment comme des corindons bruts naturels ! 

 

La mention de tous ces traitements non-traditionnels, de ces synthèses et imitations, illustre bien l’importance d’avoir des gemmologues et des laboratoires de gemmologie, et surtout des interlocuteurs sérieux, avec une conscience éthique indéfectible et par conséquent un grand souci de transparence : aucune pierre, soit-elle synthétique, traitée, d’imitation, composite, doublet, etc., n’est dérangeante pourvu qu’elle soit présentée pour ce qu’elle est véritablement, et vendue avec le prix qui lui correspond réellement !

RUBIS, SAPHIRS ET SAPHIRS DE COULEURS La famille des corindons

Gisements :

Les Corindons se trouvent dans 3 types d’environnement : 

-les gisements de marbre (Birmanie, Pakistan, Afganisthan, Vietnam, Tadjikistan, Tanzanie), ceux qui produisent des rubis plutôt pauvres en Fer et riches en Chrome

-les gisements de roches métamorphiques (contenant de l’amphibolite), au Mozambique et en Tanzanie (Winza), au Groenland

-les gisements de roches volcaniques (souvent des basaltes) comme en Thaïlande et au Cambodge 

Les grands gisements de corindons : ils se situent souvent dans des zones tropicales humides et/ou dans des sites d’altitude comme celui du Cachemire dont le gisement principal, les mines de Padder (et le site historique de Sumjam), se situe à plus de 4200 mètres d’altitude. On peut aussi citer les saphirs et rubis eux-aussi très rares du Myanmar (ex-Birmanie-Région de Mogok), et les saphirs, superbes, du Sri Lanka (Ratnapura, Rakwana): ces 3 sources (avec le Cachemire) ont été pendant des siècles les fournisseurs principaux du marché, relayées par des sites d’exploitations plus ou moins récents tel que le Cambodge (Païlin), le Kenya, la Tanzanie (Winza par exemple), la Thaïlande (Chanthaburi / Trat-région de Kanchanaburi), l’Afghanistan, le Pakistan, le Tadjikistan, et bien sûr Madagascar qui représente de nos jours un acteur très important de la fourniture de saphirs et saphirs de couleur. D’autres pays aux quatre coins du monde (environ une vingtaine en tout) extraient des corindons. Les rubis provenant du Mozambique sont réputés pour leur couleur et leur pureté et se trouvent, parfois sur des cristaux importants, avec cette couleur formidable appelée « Sang-de-Pigeon ».

Dans la famille des corindons, je demande le Rubis !

 

Le rubis fait en effet partie de la même famille que le saphir. Simplement, il est appelé « Rubis », du latin rubeus, rouge, quand ce corindon s’exprime donc dans sa couleur rouge, couleur due à la présence de Chrome au niveau atomique dans sa structure cristalline, avec parfois un peu de Fer (et éventuellement de Vanadium) suivant ses origines. 

Le Rubis est plus rare encore que le diamant, ce qui participe à sa très importante valeur marchande : des records de prix ont été atteints à +/- 1million de USD ($) le carat pour des Rubis birmans exceptionnels comme le Graff de 8.62cts ou le Sunrise Ruby de 25.59cts.

En inde, il était dit que Dieu aurait créé le Rubis avant l’homme, puis seulement après, l’homme, afin qu’il puisse le posséder. La Bible cite aussi le Rubis à plusieurs reprises et le nome comme une création de Dieu. C’est tout dire du niveau extrême de fascination qu’a toujours exercée cette gemme au fil de l’histoire de l’humanité.

Le Rubie est une gemme particulièrement recherchée en Asie, qui contribue à une forte augmentation de sa demande.

Le rubis, ayant du pléochroïsme, est idéalement taillé avec sa table perpendiculaire à son axe cristallographique principal, afin d’éviter des reflets orangés non désirables.

La couleur la plus recherchée étant celle appelée « Sang-de-Pigeon », une appellation qui s’est généralisée mais qui vient directement de la couleur des plus beaux rubis birmans issus des mines de Mogok, exploitées depuis au moins le 16ièm Siècle; la dénomination sang-de-pigeon ou « kho thwe » en Birman, pourrait avoir une origine chinoise, car ces derniers possédaient les mines birmanes autrefois, ou selon les sources, avoir aussi une origine indienne caractérisant ce rouge comme celui de la couleur de l’œil du pigeon vivant. 

Quoiqu’il en soit, le rubis sang-de-pigeon affichera une couleur franche et nette. 

Parfois à peine teinté de pourpre à rose  (qualifiée de « purple » en anglais) comme c’est souvent le cas des rubis birmans qui ont beaucoup de Chrome (en général très fluorescents) et des soies (« Silks »), les « sang-de-pigeon » se trouvent aussi ailleurs, quoique que souvent plus ferreux et sans soie, en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Cambodge, Vietnam, etc.), au Pakistan (Vallée de Hunza), en Afghanistan (Vallée de Jedgalek oû les gisements seraient exploités depuis plus de 700ans !), au Tadjikistan, au Groenland (avec des rubis agés de plus de 3 milliards d’années !) et en Afrique (Kenya, Madagascar, Tanzanie, Etc.) dont au Mozambique (gisements découverts en 2009, notamment dans la région de Montepuez) qui extrait surement parmi les plus beaux « sang-de-pigeon » au monde, avec un équilibre assez parfais de chrome, de fer (ce dernier ôtant la teinte « purple ») et de soies. 

 

L’usage du terme « Sang-de-Pigeon » ne correspond à aucune norme internationale.

Ce terme a été en général toujours utilisé par les marchands pour désigner exclusivement les meilleurs Rubis, qui, au-delà de leur couleur Rouge-Sang caractéristique, présentent une qualité générale supérieure. 

Ainsi les laboratoires Gübelin et SSEf s’entendent pour décrire la qualité générale de base à reconnaitre à un rubis pour lui attribuer la dénomination « Sang-de-Pigeon » : UNE forte saturation de couleur rouge / qu’il soit Non Traité (même pas de chauffe simple) / qu’il réponde à des caractéristiques chimiques et spectroscopiques spécifiques/ qu’il ait une bonne qualité en termes d’inclusions, de transparence et d’homogénéité de la couleur

Le fameux laboratoire suisse SSEF a aussi établi en 2015 une norme, qui est peut être utilisé comme une référence :

« Pour qu’un rubis soit qualifié de rubis « rouge sang de pigeon », la couleur doit être rouge intense, saturée et homogène. Les gammes exactes de teinte, de saturation et de ton sont définies par des ensembles de pierres étalons.

Le « rouge sang de pigeon » est mieux décrit comme une couleur rouge sans autre teinte apparente (comme le bleu ou le brun). Un léger voile violacé est acceptable. La couleur intrinsèque du rubis « rouge sang de pigeon » produit également une forte fluorescence rouge lorsque la pierre est exposée à la lumière ultraviolette. Cette fluorescence est causée par une teneur en chrome élevée associée à une faible teneur en fer et donne l’éclat intérieur caractéristique.

En termes de qualité, ce terme qualifiant la couleur peut seulement être appliqué aux rubis qui présentent des grandes qualités et qui n’ont subi aucune modification de couleur et/ou de pureté. Tout type de traitement (comme le chauffage, le remplissage de fissures, etc.) exclut la qualification de « rouge sang de pigeon ». En outre, les rubis doivent être relativement exempts d’inclusions visibles à l’œil nu ou foncées et ils doivent présenter une répartition de couleur homogène avec des reflets internes éclatants ».

 

La différence entre un saphir rose ayant de belles sous-teintes de rouge et celle d’un rubis ayant de forte sous-teintes de rose, est parfois mince et il n’est pas rare d’être confronté à ces pierres qui sont à la limite de l’appellation « Rubis » ; ce serait alors la quantité/concentration de Chrome qui devrait délimiter la frontière entre Saphir rose et Rubis, mais cette approche serait réductrice car l’expression de la couleur dépend aussi de la Taille (la Coupe/Cut) de la pierre et de ses proportions, qui interfèrent en plus sur les analyses chimiques.

La meilleure méthode consiste alors à l’analyse visuelle comparative, à partir d’échantillons, de nuanciers, de pierres-étalon, etc., que le laboratoire, et l’expertise du gemmologue pourra effectuer.

 

Dans la famille des corindons, je demande le Saphir !

Issu de la même famille que le rubis, le mot « saphir », employé seul, désigne toujours la variété bleue du corindon. 



Le Saphir, de l’hébreu sappir, « la chose la plus belle » et du grec sappheiros, « pierre bleue », est un des emblèmes de la préciosité, et même celui de la royauté : il touche au sacré, à l’infini du ciel, à la profondeur des océans. Vénéré par les égyptiens qui utilisaient le bleu du lapis-lazuli, cette couleur est incarnée par le saphir, la pierre la plus dure après le diamant. Avec un haut pouvoir de réfraction, une bonne résistance au choc, le saphir est fait pour durer et marquer l’esprit.

 

Les Saphirs les plus réputés viennent du Cachemire, du Myanmar (Birmanie), du Sri Lanka (Ceylan) et de Madagascar.

L’Australie représente à elle seule environ 50% en volume de la production mondiale de saphirs (y compris de la matière à usage industriel) avec une qualité gemme parfois inégale, dont un bleu souvent trop foncé dit « Waterman Color » (par ex. dans le Queenlands), comme l’encre. Toutefois, en Australie (dans les New South Wales par ex.) comme ailleurs, de superbes qualités-gemmes sont présentes : en Tanzanie (Umba, Morogoro par ex.), aux États-Unis (Montana par ex.), au Vietnam (Luc Yen par ex.), au Brésil (Matto Grosso par ex.), en Chine, et de manière plus aléatoire en Grèce, en France, et même … en Suisse dans le Tessin (Campolungo)

 

Les bleus appréciés évoluent dans la palette du bleu clair (franc et très lumineux) au bleu nuit et au bleu crépusculaire comme le « Twilight Blue », en passant par des bleus veloutés. Il faut éviter les bleus un peu trop pales avec des touches de gris et ceux avec du vert. 

Parfois texturés comme du velours, on retrouve dans certains saphirs des bleus appelés « Velvet Blue » : des soies très fines donnent alors une texture soyeuse à la couleur. Les pierres du Cachemire, originellement connues pour cette couleur avec un ton « Medium » et des saturations fortes à vivid (très fortes), sont certainement les plus demandées mais aussi les plus rares et les plus précieuses, avec celles du Myanmar. D’autres saphirs comme par exemple du Cambodge peuvent présenter cette couleur extraordinaire, ou encore les saphirs du Sud-Est de Madagascar ou de l’Est (exploitation de Bemainty) qui ont ces traits des « Kashmir Sapphires ».

Le Bleu « Cornflower » ou « Bleuet Pur » est à l’image du bleuet qui est une fleur connue pour avoir un bleu véritable, un bleu pur, se rapprochant de ce qu’on appelle le « True Blue ». Elle fait partie des plus recherchée et des plus adulée des couleurs de saphir. On la retrouve par exemple au Cachemire avec un bleu Cornflower texturé par ses soies typiques, ou encore au Sri Lanka (anciennement Ceylan), etc.

La couleur « Cornflower » est présente dans les saphirs sur une palette de tonalités et de saturations variant autour du « medium blue color », comme la fleur qui va d’un bleu un peu clair mais saturé et lumineux à un bleu plus profond, approchant la gamme des « Royal Blue ».

Cette  appellation « Royal Blue » était d’ailleurs originellement réservée aux saphirs de Mogok-Myanmar, mais de nouvelles sources (Madagascar, Tanzanie, Cambodge par ex.) ont montré du bleu royal de très haute tenue et il a donc fallu tenter de généraliser l’appellation : deux illustres laboratoires suisses, Gübelin et SSEF, ont essayé une définition en la décrivant comme devant être une pierre non-chauffée, portant une couleur franche et saturée, lumineuse et répartie de façon très homogène, sans aucune teinte secondaire ou alors une très infime touche de violet.

Le « Peacok Blue » comme l’indique son nom est celui qu’on retrouve sur les plumes et le cou du Paon, électrique et spectaculaire (Sri Lanka), tandis que le Bleu Indigo (la teinture naturelle utilisée pour les jeans) a une tonalité profonde mais un niveau de saturation moyen.

Les saphirs peuvent représenter d’excellentes pièces d’investissement, n’hésitez pas à nous consulter pour vous proposer des saphirs d’exception.



Les saphirs de couleurs devant pour leur part avoir le mot « saphir » + « la couleur » qui les caractérise, comme « saphir rose », « saphir jaune », etc.

Vous trouverez un large panel de couleurs dans les saphirs de couleur, du vert bouteille, au vert-jaune, au vert bi-colore (souvent mixé avec du bleu), de l’orange, du jaune, du violet (qui est très rare en plus 4cts non-chauffé, quand il est vif) et bien-entendu du rose au rose très intense, une couleur très demandée et estimée.

Sont aussi appréciés, le saphir incolore ou « Leucosaphir », le saphir pourpre (rare et beau), le saphir jaune (le jaune canari est recherché), le saphir marron dont la couleur la plus appréciée est le jaune-whisky appelée « Mekong Wiskhy » selon le nom du whisky consommé localement en Thaïlande. 

 

Dans les saphirs de couleur, celui qui s’illustre le plus est sans contexte le saphir rose-orangé appelé « Padparascha » dont les prix peuvent littéralement s’envoler quand il s’agit de belles pièces (de plus de 2 ou 3 carats) assez pures, non-chauffés et avec une belle intensité de couleur. Son nom signifie “fleur de lotus” en cinghalais, la langue parlée au Sri Lanka. Sa couleur semble dépeindre un coucher de soleil.

 

Dans la série des saphirs de couleur, il est à noter la gamme des pastels qui peuvent s’exprimer dans toutes les teintes et permettent de réaliser des pièces de joaillerie extrêmement fines en contraste.

 

Les saphirs à changement de couleur : il s’agit de saphirs dont la couleur varie en fonction du type d’éclairage souvent dans ces teintes, en bleu/mauve, vert/rouge, vert/brun. On appelle ce phénomène « métamérisme » : il est bien connu grâce à l’Alexandrite (de la famille des Chrysobéryls) dont le changement de couleur peut être impressionnant.

Le saphir étoilé : taillé en cabochon, il laisse apparaître un phénomène optique intéressant, l’astérisme, une étoile lumineuse à six branches. Cet effet repose sur des inclusions microscopiques dites « aiguilles de rutile » ou « soies » orientées sur trois axes, qui, en se croisant à 120°, réfléchissent la lumière en étoile. Bien sûr plus la matière est transparente, la couleur saturée, l’étoile centrée et régulière, plus le saphir étoilé est valorisé. Il existe en effet de ces saphirs allant de la transparence à la translucidité jusqu’à l’opacité. On peut aussi trouver, mais beaucoup plus rarement, des saphirs étoilés à 12 branches, un phénomène appelé « diastérisme ». Ces saphirs étoilés se retrouvent dans le bleu mais aussi dans d’autres couleurs et bien-entendu dans la variété rouge du corindon, donc en tant que « rubis étoilés ».


Les saphirs de couleur non-chauffés peuvent représenter d’excellentes pièces d’investissement, notamment les roses intenses, les violets avec des beaux caratages, les saphirs « Padparascha », n’hésitez pas à nous consulter pour vous proposer des saphirs et des saphirs de couleur d’exception.

Émeraude

Dans la famille des Beryls, je demande l’émeraude !

Du grec « smaragdos », vert, l’Émeraude était la pierre préférée de Cléopatre.

La sublime couleur de l’émeraude est due à la présence de chrome et/ou de vanadium dans sa structure cristalline. L’association de Beryllium, donc constituant premier de la famille des beryls, et de Chrome est un phénomène rare dans la nature, qui explique la rareté de ces gemmes.

Les plus connues et les plus valorisées des émeraudes sont certainement celles qui proviennent de Colombie, dont les gisements sont tout à fait uniques et offrent des cristaux très bien formés, dans lesquels on trouve souvent des inclusions typiques (bi-phases et tri-phases) qui sont de véritables signatures naturelles d’origine, et des inclusions de fluides qu’on appelle « jardins », les « jardins d’émeraude ». 

D’excellents gisements se trouvent aussi au Brésil, en Zambie, au Pakistan, en Afghanistan, au Tadjikistan, au Zimbabwe, en Inde, etc.

Avec une faible résistance aux chocs et à la chaleur et des micro-fractures internes, l’émeraude est une gemme fragile ; elle est aussi rendue sensible par les givres souvent nombreux qui l’habitent et est donc délicate à sertir ; elle demande de l’attention une fois portée, afin d’éviter au maximum les chocs qui peuvent l’endommager. Pour ces raisons, les grenats verts dits « Tsavorites » (et dans une moindre mesure car plus rares encore, ceux dits « Démantoïdes ») sont de plus en plus utilisés pour remplacer l’émeraude, car plus résistants, avec des verts proches de ceux de l’émeraude, et une brillance et un éclat supérieur.

Les pierres assez pures à très pures sont extrêmement rares dans les émeraudes et les plus belles de ces émeraudes pures (sans inclusion ou presque) se sont envolées à plusieurs centaines de milliers de USD$ par carat, dans de prestigieuses ventes aux enchères.

Toutefois et contrairement au diamant, pour lequel la pureté est un critère déterminant, les émeraudes « habitées » de « jardins » d’inclusions ne sont pas dépréciées pour autant : tant que ces inclusions ne viennent perturber la perception de la couleur ni vraiment en gêner la transparence, elles sont même admises comme faisant parties de la spécificité de l’émeraude !

En termes de traitements, vous pouvez vous référer au chapitre dédié à l’émeraude dans le chapitre « Les traitements d’amélioration » ci-dessus, mais pour résumer, les émeraudes sont très souvent « huilées » en général avec de l’huile de cèdre, qui est une technique ancestrale visant à remplir les micro-fractures présentes dans la gemme et ainsi à en améliorer la pureté (en réduisant le contraste des inclusions) et à en homogénéiser la couleur. L’huilage est une pratique acceptée mais elle doit quand même être précisée par le vendeur, suivant qu’il s’agit d’un huilage insignifiant/très léger, modéré ou fort. Une émeraude de haute qualité, sans aucun huilage, sera très fortement valorisée. 

Nous ne recommandons pas les autres traitements par remplissages qui utilisent des matières synthétiques/des composés chimiques, parfois colorés, qui vieillissent souvent mal et peuvent donc tromper la qualité réelle de la gemme.

PIERRES FINES

Autrefois appelées, à tort, « Pierres Semi-Précieuses », l’emploi de ce terme est désormais interdit ! En effet, les « Pierres Fines », comme il convient désormais de les nommer, et ses 73 variétés répertoriées, comportent des types extrêmement rares et des couleurs uniques de plus en plus en usage dans les plus grandes maisons de haute-joaillerie et leur valeur ne cesse de grimper.

Parmi ces pierres, les plus recherchées sont les Spinelles, notamment rouges et roses, ou bleu-cobalt, les Grenats verts et oranges et certains roses et violets, les Aigues-Marines, notamment dans leurs teintes bleues les plus vives, les tourmalines rouges et celles au bleu-vert incomparable appelées « Paraïbas », etc. 

Beaucoup de ces pierres fines représentent désormais de fabuleux objets d’investissement : mises en valeur sur une pièce de joaillerie, ou conservées pour plus tard, elles ont la capacité certaine de prendre de la valeur.

Les facteurs croisés qui impactent sur la valorisation des pierres fines : 

  • la raréfaction des pierres précieuses de couleur (rubis/saphirs/émeraudes) liée à l’augmentation de la demande avec l’apparition des classes moyennes dans les anciens pays dits « en voie de développement » (Chine, Inde, Brésil, etc.) et qui sont désormais des leaders du marché mondial
  • la qualité intrinsèque de beaucoup de « pierres fines », dont les couleurs et caractéristiques physiques et optiques n’ont rien à envier à celles des « pierres précieuses », et qui a été largement mises en avant ces dernières années
  • le caractère absolument unique de certaines couleurs de pierres fines, comme par exemple l’orange vif typique du grenat spessartite dit « Mandarin », qu’aucune autre pierre naturelle ne peut imiter, même les saphirs oranges (ou alors très rarement), ou encore le bleu néon époustouflant de la Tourmaline Paraïba, les couleurs incroyables de l’opale, etc.
  • l’usage de certaines pierres fines pour remplacer des pierres précieuses : 

*par exemple le grenat rare de couleur verte appelé « Tsavorite », pouvant être très proche de la couleur de l’émeraude mais qui est plus résistant et plus pur que cette dernière, et donc moins cassant que l’émeraude au sertissage, notamment à cause de ses givres typiques, souvent très présents et qui la fragilisent…

*par exemple, les Spinelle rouges, qui peuvent être confondus avec le rubis et présentent en général d’excellentes puretés, tout en étant non-chauffé, au contraire des rubis qui le sont à plus de 95%, ou encore le rouge profond et intense comme un rubis de la tourmaline rouge dite « Rubellite », etc. 

  • des prix encore assez bas comparés à ceux des « pierres précieuses »; bien qu’en constante augmentation de valeur depuis ces 10 dernières années, les « pierres fines » de haute qualité sont en train de devenir de véritables objets de choix pour du placement, car elles sont encore accessibles en prix, contrairement aux pierres précieuses dont la valeur au carat est dans leur ensemble réservée à une certaine élite. 

*Par exemple, un beau Spinelle rouge-rubis, non-chauffé de Birmanie vaudra en général 3 à 5 fois moins cher qu’un rubis chauffé (souvent plus inclus) de couleur et caratage. Et à carats/qualité/couleur équivalents, un Spinelle birman non-chauffé au Top en couleur rouge et pureté (TRÈS ressemblant à un rubis), sera à un prix tout simplement incomparablement plus bas à un rubis birman équivalent en carats, couleur et pureté. 

Fiches techniques à faire pour ces pierres fines
*pierre d’investissement 

Du groupe des Spinelles, avec un indice de réfraction élevé à 1.71-1.78, une belle dureté entre 7 et 8, et une bonne résistance aux chocs et à la chaleur, et surtout un large panel de couleurs resplendissantes, le Spinelle n’a rien n’a envier aux corindons. 

Les principaux gisements se trouvent au Myanmar (Birmanie), au Sri Lanka, en Afghanistan et au Pakistan, en Tanzanie (Umba et Mahengé), au Vietnam (Luc Yen), etc.

Les spinelles les plus recherchées sont sans aucun doute les spinelles rouges et roses ; les spinelles rouges de Birmanie ayant été souvent confondus avec les fameux rubis birmans, jusqu’à sur la couronne d’apparat de la famille royale d’Angleterre, où l’une des pierres massives de centre, entendue comme étant un rubis unique, a été en fait analysée et s’est révélée être un somptueux spinelle rouge ! C’est dire que cette gemme a tout ce qu’il faut pour épater…

Autrefois appelé « le rubis du pauvre », le spinelle monte aujourd’hui en flèche, en valeur et en popularité : il peut montrer des rouges incroyables, parfois extrêmement proches des meilleures couleurs de rubis birmans. Les spinelles sont souvent beaucoup plus purs que les rubis, et sont rarement chauffés (contrairement aux rubis), et ses prix restent 3 à 5 fois plus bas que ceux du rubis. 

Il s’agit donc d’une gemme qui est la plupart du temps complètement « naturelle » (sans aucun traitement), dont l’attrait a été trop longtemps ignoré et qui est en train de prendre la tête des pierres fines les plus convoitées : elle représente en ce sens une fabuleuse capacité de valorisation.

Parmi ces spinelles précieux, il faut noter les incroyables spinelles roses et roses-fuchsia (dites « Spinelles Jedi ») qui ressemblent à des bonbons, avec une couleur simplement éclatante, qui peut parfois se teinter de rouge-orangé comme les spinelles de Mahengé en Tanzanie qu’on peut appeler « Sunset Spinelles » tant ses reflets orangés se mêlant au rose, font penser à un coucher de soleil.

Une autre variété de spinelle, dite « Cobalt Spinel », peut avoir une coloration bleue intense et profonde due justement, en plus du fer, à la présence de quantités de Cobalt supérieures à celui du Fer, qui lui donne cette coloration unique : ces Spinelles bleus sont rares et peuvent être absolument splendides …avec de quoi faire pâlir un beau saphir !

Gris, le Spinelle est magique, il prend les reflets de son entourage direct et permet la réalisation d’extraordinaires pièces de joaillerie. 

Noir, il sert pour les pavages et remplace le diamant noir, souvent irrégulier en Taille (Cut) et avec des surfaces moins nettes que le spinelle.

Bleu-vert-métallique, il est mystérieux et sied tant à des bijoux pour femmes que pour hommes.
La grande famille des grenats
Les Grenats sont en aucun doute, avec les Spinelles, les gemmes qui s’apprécient le plus ces dernières années en termes de demande et de valeur marchande.

Longtemps considérée comme une pierre un peu « banale », le Grenat a été redécouvert pour sa grande variété de couleur, son éclat avec un fort pouvoir de réfraction (IR entre 1.73 et 1.815, donc à peu près égal ou supérieur au corindon), et sa bonne résistance aux chocs et à la chaleur. 

Devenu favori des grandes maisons de Joaillerie, il n’est maintenant plus rare de voir dans leurs vitrines des pièces de très haute joaillerie arborant des grenats en pierres de côté ou même en pierres de centre.
Grenat Orange dit « Mandarin » *

*pierre d’investissement 

De la série des Grenat alumineux (les Pyralspites, qui comprend aussi les pyropes et les almandins), le Grenat orange Spessartite dit « Mandarin », doit sa coloration exceptionnelle au Manganèse. Ce Grenat orange a la particularité d’une couleur mandarine qu’on ne trouve quasiment dans aucune autre gemme, du moins avec cette intensité. Certaines opales de feu (mais alors beaucoup plus fragiles) peuvent lui ressembler ou des Saphirs orange souvent plus ternes (quand ils sont 100% naturels), mais ils n’atteignent pas l’intensité de couleur du Mandarin. Cette gemme est en train de devenir un objet de spéculation.

Grenats Verts*

*pierre d’investissement 

Les Grenats verts peuvent aller du vert-prairie à un vert-émeraude intense.

Moins fragiles que l’émeraude et très rarement traités, les Grenats verts sont de plus en plus utilisés pour remplacer l’émeraude. A ce titre, et aussi parce qu’ils sont tout simplement beaux, en eux-mêmes, et qu’on peut aussi les trouver avec de très belles puretés (ce qui est rarissime avec les émeraudes), ces Grenats représentent un objet particulièrement pertinent pour la joaillerie et l’investissement.

Le Grossulaire Vert dit « Tsavorite »

Plus répandu que le « démantoïde », le grenat Tsavorite reste toutefois un Grenat rare, d’autant plus difficile à trouver qu’il connait un engouement extraordinaire auprès des joaillers et du grand public.

Le Grenat andradite chromifère dit « Démantoïde »

Surement le plus rare et le plus cher des Grenats.

Les Grenats violets du Mozambique et de Tanzanie, les rouges du Malawi, pour ne citer qu’eux, présentent des couleurs éclatantes avec parfois des flashs de couleur et un lustre éclatant qui les rend hautement désirables pour une pierre de centre. Ces grenats, quoiqu’en pleine ascension de popularité restent encore avec des prix doux qui permettent une répartition intelligente du budget de votre projet, entre une pierre de couleur sublime de centre abordable et une pièce de joaillerie sur-mesure avec un beau pavage ou un entourage en pierres précieuses (diamants, saphirs, rubis, tsavorites, etc.).

Les Tourmalines

Les tourmalines s’expriment dans presque toutes les couleurs. Avec un indice de réfraction allant de 1.60 à 1.735 (et plus rarement jusqu’à 1.778), une dureté de 7 à 8 et une bonne résistance aux chocs, la tourmaline a tout pour plaire : même si elles ne surpassent pas en général le lustre et la brillance d’une Tsavorite ou d’un Corindon, leur prix, mise à part l’exception notable de la « Paraïba » (voir ci-dessous), est accessible et leur grande diversité de couleurs hautement attractive !

Les tourmalines rouges et roses sont en général plus inclues que les vertes et bleues.

On peut en trouver des multicolores, en couleurs profondes brunes, noires, bordeaux foncées, bleues et vertes foncées, etc., translucides à opaques, ou bien avec une magnifique transparence et des couleurs éclatantes, rouge-sang, rose, vert-émeraude, jaune-canari, orange, saumon, blanches, grises, etc. ; leur coloration est globalement entendue comme provenant de la présence de traces de fer et/ou de Titanium pour les couleurs vertes et bleues, et de Manganèse pour les rouges et roses et possiblement les teintes jaunes.

Quoique rarement traitées les tourmalines elbaïtes roses et jaunes subissent parfois un traitement par irradiations (ce processus peut être aussi naturel), qui doit alors être mentionné comme tel ; en couleur vert-foncée par exemple, elles peuvent aussi être chauffées pour les éclaircir.

Certaines tourmalines sont très recherchées et entrent dans la catégorie des pierres d’investissement, même si la plupart des couleurs restent encore très abordables en termes de prix au carat et permettent donc de réaliser de magnifiques bijoux sans vraiment casser la tirelire ! 

La tourmaline rouge dite « Rubellite »

fait partie de ces Tourmalines très demandées car elles possèdent des couleurs allant du magenta au rose saphir (avec des pointes de rouge), au rouge magenta et au rouge-sang qui peut alors se rapprocher très fortement de la couleur des plus beaux rubis. Ces tourmalines, en qualité exceptionnelle et au-dessus de 3-4 carats peuvent être assez chères et voient en tous cas leurs prix grandement évoluer depuis quelques années.

La tourmaline verte-bleue dite Paraïba*

*pierre d’investissement 

Les Paraïba sont des tourmalines présentant une couleur bleue à verte / bleu-vert / vert-bleu / avec parfois des sous-teintes violettes, vive et saturée (bleu-électrique, bleu-néon) due à la rare présence de cuivre (et de manganèse) dans sa structure cristalline. Typiques du Brésil et de la zone de Paraïba d’où elles sont extraites et dont elles tirent leur nom. Découverte seulement dans les années 1980’, au Brésil, l’engouement qu’a connu cette gemme est extra-ordinaire. 

La présence du cuivre leur donnant une intensité de couleur inégalée par les autres types de tourmalines bleues, colorées par exemple par le Fer comme dans les tourmalines dite « indicolites ».

Dans les années 2000’, deux nouvelles sources de tourmalines à concentration de cuivre, donc toujours appelées « Paraïba », ont été découvertes au Nigéria et au Mozambique. Les tourmalines Paraïba sont âgées en moyenne de 480 à 530 millions d’années. La séparation des 3 origines est réalisable quoique délicate et n’est pas toujours 100% concluante. 

Les Paraïba du Brésil restent toutefois les plus cotées car elles montrent, pour les plus belles, des niveaux de saturation de couleur très importants (dus à une quantité de cuivre très élevé). Des tourmalines Paraïba de qualité de 2-4carats voient leur prix s’envoler exponentiellement au-dessus des 10’000$ le carat et bien au-delà quand elles passent au-dessus des 5cts.

La tourmaline verte dite « Tourmalines Chrome »,

Est une gemme, un peu moins courante que la plupart des Tourmalines, qui doit sa coloration verte au Vanadium (comme les émeraudes de africaines et du Brésil) et au Chrome, et peut être ressemblante au grenat précieux dit « Tsavorite » et se rapprocher de la couleur de l’émeraude. Avec une belle couleur franche, la tourmaline-chrome est valorisée, quoique toujours bien moins chère qu’une tsavorite ou une émeraude.

Les autres tourmalines vertes peuvent avoir des couleurs très profondes, de beaux vert-bouteille mais parfois assez sombres, ou alors des sous-teintes brunes ou jaunes qui font penser à la couleur des péridots (dits « Olivines »), elles sont très accessibles en prix.

Les autres couleurs de Tourmaline,

Sont innombrables et particulièrement attrayantes dans le rose, le rose-pêche, le jaune canari, le jaune d’or des tourmalines du Kenya, le bleu/vert-bleu/bleu-violet (« Indicolite »), le orange, le brun avec parfois de superbes couleurs chocolat ou cognac quand teintées de rouge, en bi-couleur comme les Tourmalines « melon-d’eau » qui sont vertes avec un cœur rose au centre (il existe de nombreuses autres versions de bi-couleurs), ou encore des Tourmalines présentant des effets de chatoyance (Œil-de-Chat) qui apparaissent quand elles sont taillées en cabochon, etc.

Les Béryls

Dans la famille des Béryls nous avons déjà vu l’Émeraude (coloration due à la rare association du Beryllium avec du Chrome et/ou Vanadium), à ne pas confondre avec des Béryls vert/vert-pomme (coloration due au Fer) qui ne rentrent pas dans la catégorie des émeraudes, mais dans le panel de ses couleurs qui va de l’incolore (Goshénite) au rouge (rares béryls rouges) au rose pâle (comme la très appréciée « Morganite ») en passant par des nuances de jaune à jaune orangé et doré (« Heliodore ») et bien sûr aux bleux/bleu-vert de l’« Aigue-Marine », la pierre des marins et de de l’océan,  et de la « Maxixe » avec son bleu électrique.

Les Aigue-Marine peuvent être presque incolore (à la limite de la Goshénite) et s’apprécient en valeur au fur et à mesure où elles prennent davantage de saturation de bleu.

Certaines Aigues-Marines affichant un bleu foncé intense/saturé sont considérées comme des gemmes de grande valeur, en particulier celles appelées « Santa-Maria », du nom de la mine brésilienne du Minas Gerais d’où elles sont extraites et celles provenant de cette autre mine brésilienne d’Esperito Santo (un peu moins saturées en couleur). Des couleurs semblables aux Santa-Maria proviennent aussi du Mozambique. Des Aigues-Marines exceptionnelles (saturées en couleur et assez pures à pures), de belle grandeur, peuvent représenter des objets de placement interessants.

La Tanzanite

De la famille des Zoïsite, peu résistante à la chaleur et assez fragile, avec une dureté à 6.5, la Tanzanite doit être un minimum protégée par un sertissage adapté. Elle a un indice de réfraction entre 1.69 et 1.71 et doit sa couleur à la présence de Vanadium.

La Tanzanite a une provenance unique, comme son nom l’indique, de Tanzanie. Son histoire mérite d’être racontée. Découverte en 1967 seulement en terre Massaï, elle est alors confondue avec du saphir et est envoyée en Europe pour des analyses qui concluent à une « nouvelle » variété de Zoïsite, avec une couleur unique pour cette famille, bleu à violet. 

Monopolisée par Tifanny jusqu’à la fin de 1970, les droits exclusifs du joailler américain tombent alors, et elle redevient la propriété presque exclusive des Massaï qui l’exploitent encore à ce jour. 

Bleue à violette, avec du jaune et parfois des flashs de rouge, la caractéristique principale de la Tanzanite, est un pléochroïsme très marqué qui présente 3 couleurs bleu-bleu-foncé/magenta-violet-mauve/nuance de jaune-brun-bleu-vert, il s’agit d’une pierre dite « Trichroïque », qui selon l’éclairage et l’orientation d’observation rend de superbes nuances de couleurs.

La Tanzanite reçoit souvent une simple chauffe qui modifie sa couleur à partir de bruts bruns ou qui renforce ses couleurs bleu/violet et atténue le jaune-brun. Elle devient après chauffe bichroïque et peut etre identifiée comme chauffé avec un simple dichroscope, qui permet d’observer le pléochroïsme dans une gemme.

La Tanzanite a fait l’objet de spéculations sur le marché des pierres de couleur et sa valeur continue à augmenter, même si elle reste encore très abordable et permet de réaliser des bijoux profitant pleinement de sa couleur bleu/bleu-violette parfois très intense.

Les Topazes

Bien qu’ayant une bonne résistance à la chaleur et une belle dureté située à 8, la topaze reste un peu fragile et doit être protégée des chocs. Son indice de réfraction va de 1.606 à 1.649 .

Elle est Connue surtout dans sa variété orange appelée « Topaze Impériale », qui est très appréciée et valorisée mais elle arrive aussi sur le marché en grands volumes dans une version bleue traitée par irradiations qui est alors pour le coup très bon marché. D’autres couleurs de Topazes se trouvent, en incolore, de jaune foncé, rose, rose-orangé à magenta et des déclinaisons de rose et magenta teintées de brun, et parfois aussi en vert-pomme.

Les Chrysobéryls

 

Avec une belle dureté entre 8 et 9, et un indice de réfraction entre 1,74 et 1.77 (suivant les types et provenances), le Chrysobéryl est une pierre qualitative, ayant une bonne résistance aux chocs et à la chaleur. C’est donc une pierre dure, résistante au temps. On les trouve dans des couleurs comme l’orange-brun, le jaune doré, des nuances de jaune-vert au vert pomme, en incolore ou en couleur changeante, et dans sa version la plus fameuses, appelée « Alexandrite », passant du vert au rouge suivant l’éclairage naturel/artificiel. C’est également la gemme connue comme « Œil-de-chat » ou « Cymophane », quand elle montre cette chatoyance typique qui fait penser à la pupille d’un chat ; utilisé seul, sans l’ajout du nom d’une autre gemme, le terme « Œil-de-Chat » désigne forcément un Chrysobéryl.

L’Alexandrite et le le Chrysoberyl Vanadium*

*pierres d’investissement

Chrysobéryl-Vanadium, vert :  propulsé sur le marché par les amateurs de gemmes dans les années 1990’, le Chrysobéryl vert coloré par l’élément Vanadium (couleur vert-menthe, légère à très saturée) est une gemme rare et couteuse. Originellement connues comme venant de Tanzanie (Tunduru), des Chrysobéryls de cette sorte ont été trouvées à Madagascar, au Sri Lanka et au Myanmar (Birmanie). 

Alexandrite : une gemme magique avec un effet change-couleur qui peut être moyennement net à extrêmement net, la pierre passant d’un beau rouge profond en lumière du jour à un vert marqué sous une lumière artificielle. Ces gemmes sont très rares et leur prix, quand le changement de couleur est bien présent et qu’elles font plus de 2 carats, peut être considérable. Les cristaux de qualité de belle grosseur sont rarissimes. L’Alexandrite peut donc être une gemme de choix dans un portefeuille de placement/investissement. 

Les Quartz

La famille des Quartz comprend des gemmes très variées en couleurs et en apparence. C’est un minéral très répandu, donc assez peu couteux, voir très bon marché, qui peut pourtant être extrêmement intéressant en bijouterie. Avec une résistance à la chaleur plutôt moyenne à très faible mais une assez bonne résistance aux chocs, une dureté à 7 et un indice de réfraction situé entre 1.549 et 1.544, donc assez bas, le Quartz va tout de même pouvoir montrer de beaux attraits quand il est bien taillé.

Utilisé depuis l’antiquité, ce minéral a souvent été utilisé sous sa forme incolore à blanchâtre, avec parfois quelques teintes de couleurs, pour réaliser des objets et des petites sculptures, comme pour réaliser des bijoux : on l’appelle quand il est incolore « Cristal de Roche », qui viendrait du grec « krystallos », ou « glace » selon la croyance qu’il s’agirait d’une sorte de glace éternelle, durcie par les dieux.  

On trouve des quartz fumés dans les ton bruns et noirs (dit « Morion »), des quartz rutiles, dans lesquels se trouvent des concentrations d’aiguilles de rutiles à l’aspect doré organisées suivant des orientations précises, des Quartz roses à magenta, parfois étoilés (astérisme quand taillé en cabochon), des Quartz Bleu souvent désignés sous le nom de « Quartz à Dumortiérite » (le nom de l’inclusion qui le colore), et ils peuvent présenter de l’opalescence  (Quartz Girasol), de l’iridescence (Quartz irisé), de la chatoyance , etc.

Les variétés les plus connues, outre le Cristal de Roche, sont sans aucun doute l’Améthyste, dont l’ethymologie est amusante puisque son origine vient du mot grec « amethustos » voulant dire « qui protège de l’ivresse », et la Citrine de couleur jaune à orange, avec parfois des teintes brunes ou dorées (qui est presque toujours une améthyste chauffée).

Il existe aussi un combiné des deux, moins connu (à tort !) provenant de Bolivie et appelé « Amétrine » (surement la contraction de Améthyste et Citrine) : une gemme distinctement bi-colore puisqu’elle reprend les couleurs de l’Amthetyste et de la Citrine, très abordable en prix et qui présente beaucoup d’originalité. 

Certaines Améthystes, peu valorisées quand elles ont des couleurs légères, pastelles, présentent en revanche parfois des couleurs très saturées dans les teintes du violet (touches de magenta, de bleu, de mauve) qui sont loin d’être inintéressantes pour la création joaillière ! 

L’opale*

*pierre d’investissement 

Son nom provient surement de l’indien ancien « upala », traduit en latin par « Opalus » et voulant dire « pierre précieuse », et/ou du mot grec « opallios » qui signifie « voir un changement de couleur ».

Quoi de plus magique en effet que l’éclatante diversité des couleurs, le véritable « jeu de couleurs », qui peut s’exprimer dans l’Opale Noble !

L’opale est une silice amorphe hydraté contenant de 1 à 21% d’eau et ses versions précieuses irisées contiennent en moyenne 6% à 10% d’eau.

Il est possible de diviser grossièrement les opales en 2 groupes, celui qu’on appellera « Opales Communes » et celui qu’on appellera « Opales Nobles »

Opales Nobles : l’eau, prisonnière dans de microscopiques sphères de silice qui sont empilées régulièrement dans la masse (comme des balles de ping-pong dans une boite), permet un effet de diffraction de la lumière qui crée cet effet de jeu de couleurs révélant les couleurs du spectre. Les couleurs varient, notamment en fonction de la taille des sphères de silice, qui feront apparaitre du violet quand elles font environ 0.1micron de diamètre et du rouge quand elles font environ 0.2 micron, toutes les autres couleurs du spectre (de l’arc-en-ciel) apparaissant dans les dimensions intermédiaires.

Les opales nobles peuvent avoir des couleurs de masse variées, noire (ou avec une autre couleur de masse foncée) comme la fameuse opale australienne, ou blanche ou grise aussi en Australie ( alors appelée « White Opal» ou « Light Opal »), blanche, brune, brune-orange comme l’est souvent l’opale éthiopienne, mais aussi une couleur de masse verte, bleue, etc. 

Pour décrire une opale noble, il faut donc distinguer et grader sa couleur de masse ainsi que ses jeux de couleurs propres (avec leur saturation et leur tonalité), qui sont véritablement toujours uniques et spécifiques à chaque opale.

Les opales nobles, surtout australiennes, peuvent être des pierres de très grande valeur et représentent d’excellents objets d’investissement. Les opales noires australiennes contenant dans l’ordre de valeur du rouge marqué, de l’orange, du jaune doré, du vert et enfin du bleu, sont les plus prisées. Les opales les plus couramment trouvées sont donc celles avec des dominantes de bleu et les plus rares avec des dominantes de rouges. En Australie, la zone minière la plus réputée pour ses opales de grande valeur, en qualité-gemme, s’appelle « Lightning Ridge », qui regroupe une vaste zone d’exploitation autour de la ville du même nom. 

Il faut aussi citer les « opales d’eaux », ou « Crystal Opals » / « water Opals », qui sont transparentes à semi-transparentes et montrent en général des feux très variés en couleurs.

Opales Communes : les opales communes ne présentent pas de jeux de couleurs. Elles peuvent être blanches à laiteuses (opalescence) avec des teintes jaunes, bleues, brunes, noires, etc.. 

Opales de Feu : La plus réputée de ces opales est l’« Opale de Feu » qui présente une vive couleur rouge/orange/Jaune flamboyant et qu’on trouve principalement au Mexique. C’est une gemme époustouflante.

Les Opales dites « Boulder », sont faites d’opale noble ayant, quand elle était encore à l’état fluide, comblé les cavités de la roche hote (Sandtone-Mélange de fer et d’argile) dite matrix (matrice), avant de durcir. Comme il est quasiment impossible de séparer la roche-mère de la veine d’opale, les tailleurs conservent les deux, qui créent ensemble d’incroyables compositions naturelles, ou contrastent les feux incroyables de l’opale avec l’aspect mat de la roche -mère, formant tantôt des paysages tantôt des formes extravagantes, dans lesquelles l’imaginaire s’emballe avec magie. Les principales zones d’exploitations de ces opales-boulder se trouvent en Australie, dans le Queensland autour de Yowah (avec ses fameuses « Yowah-Nuts », de la taille d’une cacahuète à celle d’un citron), de Koroit ou de Quilpie pour ne citer que ces 3 importantes zones.

Les Zircons 

Bien taillés, les zircons blancs/incolores ont souvent été utilisés pour remplacer les diamants en bijouterie, notamment grâce à leur très haut indice de réfraction entre 1.92 et 1.98 et leur beau lustre adamantin. Connu pour son « doublage des arêtes » (visible à loupe depuis la couronne vers les arêtes de culasse), le zircon fait partie des gemmes fines qui ont tendance à s’apprécier ces dernières années.

On les trouve dans des couleurs variées, blanc/incolore, jaune, vert (de vert jaune à vert vif et foncé), rouge, orange, brun, bleu ciel ; les brun-dorés et bleu-ciel étant souvent chauffés (systématiquement pour les bleus). Avec une dureté de 7 à 7.5, les zircons sont pourtant assez fragiles et doivent être « pensés » en conséquence lors de la conception du bijou, en les protégeant au mieux.

Pierres organiques :

Perles d’eau douce, perles de culture, perles fines* 

(*pierre d’investissement)

Les perles sont des concrétions calcaires (du carbonate de calcium à 90%, avec 10% d’eau et de matières organiques, dont des proteïnes) produites par un mollusque perlier dans de l’eau de mer ou de l’eau douce ; ce sont donc des substances organiques, dont la partie calcaire se cristallise sous la forme d’Aragonite et/ou de Calcite et de Vatérite ; les cristaux d’Aragonite s’assemblent en couches successives organisées/régulières dites en « tablettes » et les perles sont alors dites nacrées : les microscopiques couches de cristaux d’aragonite permettent à la lumière de se diffracter dessus, ce qui provoque un effet irisé ; les perles composées d’aragonite et/ou de Calcite non-organisées (pas en tablettes comme pour les nacrées), sont alors dites non-nacrées (comme les perles de conque) qui ont plus un aspect de porcelaine, avec un lustre vitreux et parfois une structure de surface en forme de flamme. .

Les perles conservent leur forme naturelle, qui peut aller de presque parfaitement ronde, à ronde, à baroque, en forme de goutte, de barillet, de bouton,etc. Son biogène principal est bien-entendu l’huitre mais on peut aussi en trouver dans des escargots de mer, les Strombus Gigas qui donnent des pièces jaune foncé ou orange/orange-rouge avec des motifs flammés, et même au sein de bivalves comme la moule !

Quand elle a son beau lustre nacré, la perle révèle une iridescence de surface, qu’on appelle un « Orient »; on la trouve dans différentes couleurs primaires, du blanc au blanc crème au blanc argenté, rosé, jaune, orange, brun, noir et gris ; ces couleurs primaires viennent s’agrémenter de l’effet de l’irisation (« l’orient » de la perle) qui lui donne donc des couleurs secondaires (teintes violettes, vertes bleues, etc.). En général plus les perles ont une couleur primaire foncée, plus l’orient est visible.

L’épaisseur de cette fameuse couche de nacre est un facteur de qualité déterminant et on peut la mesurer en passant la perle aux rayons x.
Le « lustre » de la perle est un élément important de valorisation car plus le lustre est éclatant, plus la perle est appréciée, ce qui implique très souvent une pratique de polissage pour l’améliorer. 

Dans la même logique, l’« aspect de surface » est aussi très important : la présence ou non de défauts d’aspects de surface compte pour beaucoup dans l’appréciation de la perle. Une surface idéale d’une perle de haute qualité devra être bien lisse, régulière et sans déformation.

Les dimensions d’une perle influent aussi sur son prix, plus la perle a un large diamètre, qui peut aller au-dessus de 20mm, plus elle sera chère et rare.

Quand elles sont assemblées en collier, l’homogénéité des diamètres de l’ensemble des perles est aussi un facteur important dans l’estimation de la pièce. C’est d’ailleurs la référence au diamètre, plutôt qu’au poids (en carats ou en grain, 1carat pour 0,2grammes, 1 grain pour 0,05grammes ou 0,25carats) qui est utilisé pour la vente de perles.

Les perles sont fragiles, craignent la chaleur, l’exposition continu au soleil et l’exposition à tous les acides, dans lesquels elles se dissolvent. Il faut donc y faire attention ! 

Il existe 2 types de perles :

les perles fines/naturelles qui se sont formées accidentellement dans les huitres sauvages sans intervention humaine ; contrairement à la croyance commune, la formation des perles fines/naturelles n’est pas provoquée par la présence d’un grain de sable dans le manteau du mollusque mais par une lésion de ce manteau (parfois due à l’attaque d’un animal sur le mollusque) qui convoque alors le déplacement et le regroupement de cellules responsables de la biominéralisation, la sécrétion de carbonate de calcium (exactement comme le corps humain produirait des cellules osseuses), sous la forme d’un « sac perlier » .

les perles de culture produites grâce à l’intervention de l’homme par implantation dans le manteau du mollusque d’un tissu et d’un noyau dit « nucléus » (une bille taillée dans des coquilles du Mississipi), la réaction cellulaire dans le manteau conduit ensuite à la biominéralisation autour de ce nucléus au sein du sac perlier, comme dans le processus de la perle fine décrit ci-dessus.

Les perles de culture ont commencé à être élevées au Japon en 1916 par Kokichi Mikimoto qui commença la perliculture de l’huitre perlière Akoya, avec une perle blanche à la couche de nacre assez fine et un diamètre assez petit en général de 6 à 9mm, rarement au-dessus de 10mm. La méthode initiale de Mise-Nishikawa, optimisée par K-Mikimoto a permis à ce dernier d’atteindre le marché international dès 1919.

Les perles de culture des mers du Sud, développées dans les années 1960’, sont principalement produites par l’Australie et l’Indonésie pour les blanches, la Birmanie pour les blanches et dorées, les Philippines pour les dorées ; Tahiti et la Polynésie cultivent des perles dans le mollusque Pinctada Margaritifera ou « huitre aux lèvres noires » qui donne des perles de couleurs foncées (grâce à des pigments organiques naturellement présents dans le biotop) aux orients riches et variés. A noter aussi la variété produite dans les Fidji avec une huitre à lèvres noires locale. Les perles des mers du Sud sont caractérisées par des diamètres assez importants (jusqu’à 20mm) et une couche épaisse de nacre.

D’autres perles sont cultivées au Mexique et sont appelées « Perles Cortez », de même que des demi-perles (leur forme naturelle) sont cultivées dans des ormeaux.
Les perles de culture d’eau douce,

Utilisant des bivalves (moules d’eau douce pouvant produire jusqu’à 50 perles chacune), en rivière, lac ou étang, les perliculteurs ont développé cette culture originellement au Japon, mais dans les années 1960’la production chinoise s’est fortement implantée jusqu’à arriver à des énormes niveaux de production. Habituellement créée sans noyau/nucléus, les perliculteurs chinois de perles d’eau douce développent de nouvelles méthodes avec un noyau pour obtenir des perles plus grosses et de couleurs variées, appelées « Ming » ou « Edison ». 

Une concentration plus soutenue de Manganèse et de Barium permet la distinction avec les perles de culture de mer

Les perles fines nacrées proviennent de différentes espèces d’huitres qu’on trouve dans le Golfe arabo-persique et de Ceylan, dans l’huitre Akoya au Japon, une espèce perlière d’Atlantique (Pinctada imbricata), une huitre des mers du Sud, de Tahiti, du Panama, du gastéropode Abalone, etc.

Les perles fines non-nacrées proviennent de différentes conques (conque de Floride et conque reine), du gastéropode Melo melo (rarissime) et du bénitier géant.

Les traitements : Les perles sont presque toujours polies dès la récolte, cette pratique est usuelle et n’a pas besoin d’être déclarée. 

Une action plus modelante consiste à effectuer un meulage et un polissage plus profond afin de gommer tous les défauts de surface et améliorer la forme (souvent pour arrondir), il s’agit du « Travail » et du « Pelage ».

Au niveau de la couleur, des traitements légers peuvent être appliqués pour optimiser ou améliorer le lustre et la couleur, comme le « blanchiment », la teinte ou la chauffe : ces traitements sont appelés « Transformation ». 

Soins particuliers : comme le corail, les perles doivent être entretenues avec soin et protégées des acides, solvants, produits chimiques forts, de la chaleur et des expositions longues à des lumières de forte intensité. La meilleure façon pour les nettoyer consiste à utiliser un cuir souple pour les frotter délicatement. Comme tout biogène, l’idéal est de les conserver dans un milieu ni trop sec ni trop humide.

Corail :

Les coraux, des Cnidaires dotés d’un squelette formé par la sécrétion de Carbonate de Calcium, sont des invertébrés marins vivant en colonies compactes : ils sont formés par la nature sans intervention humaine. Les coraux précieux se limitent aux espèces appartenant à la famille des Corallidae, composée des trois groupes suivants : Corallium, Pleurocorallium et Hemicorallium. Ils ont une gravité spécifique d’environ 2,8 et une dureté de 3 ½ sur l’échelle de Mohs.

Si son poids s’exprime en général en grammes, le Japon et Taiwan utilisent d’autres normes, le Momme et le Kan (1=3.75gr), le Kin (1=600gr).

Le Corail est une matière fragile, avec une faible dureté, se dissolvant au contact des acides et des solvants (comme le dissolvant pour vernis à ongles) : Il est sensible en général à tous les produits chimiques forts, ainsi qu’à des expositions prolongées à de fortes lumières ainsi qu’à la chaleur ou aux fortes variations de température. Il faut donc en prendre soin et idéalement le préserver dans un milieu ni trop humide ni trop sec et comme les perles les nettoyer très simplement avec un cuir souple.

Le corail est utilisé par l’homme à titre décoratif depuis au moins 30’000 ans. Dès l’âge récent du fer, il a été beaucoup utilisé en incrustation dans des objets et bijoux découverts lors de fouilles. Adulé par la Romains à l’antiquité qui lui attribuaient le pouvoir de calmer les vagues, décrit dans la mythologie grecque, la couleur du corail rouge proviendrait du sang versé par la Méduse / La Gorgone (aux cheveux de serpents) quand Persée la décapita ; très à la mode à la renaissance et au 18’ième Siècle où la croyance disait qu’il éloignait les mauvais esprits et amenait la chance, sublimés dans les bijoux de l’Art-Nouveau et de l’Art-Déco, le Corail continue de nos jours à nous attirer.

De plus en plus en plus rare, malheureusement à cause de la pollution et du réchauffement climatique, le Corail voit sa valeur augmenter.

Le Corail est une substance organique qui se développe dans les mers chaudes entre 3 et 200 mètres de profondeur.

Connu dans ses couleurs de rouges et roses et ses dégradés, jusqu’au blanc et blanc-crème, le corail peut aussi avoir des couleurs dans l’orange, la couleur lavande, le doré, le noir, etc. Le corail rouge vif saturé est souvent appelé « Ox Blood » sur le marché, tandis que le rose vif saturé est appelé « Angel Skin », ou « Peau d’Ange ». Bien entendu la couleur des pièces de corail doit être homogène pour entrer dans la catégorie qualité-gemme.

La variété la plus utilisée est le corail de Méditerranée de l’espèce « Corallium Rubrum » car il peut être encore importé et exporté partout dans le monde, tandis que la plupart des autres variétés sont protégées par une régulation internationale stricte, la CITES qui implique une documentation et une déclaration douanière spécifique.

Traitements : les coraux précieux peuvent être blanchis, chauffés, teints, imprégnés, enrobés ou remplis par des huiles, des résines, des cires spéciales, des polymères, et ces traitements doivent être clairement explicités par le marchand.

Pierres rares de collection : section à remplir 
Hors catégorie des pierres fines mais un matériau unique pour la joaillerie : le Météorite 

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