GEMMOLOGIE
GEMMOLOGIE
GEMMOLOGIE

Les pierres de couleurs (hors diamants)
et leurs critères d’appréciation

Il faut toujours considérer différents facteurs combinés pour juger d’une pierre de couleur :

La Saturation 

Qui détermine la quantité de couleur présente.

La Teinte 

Qui détermine la couleur primaire et éventuellement la teinte secondaire, comme par exemple un jaune franc peut aller du jaune légèrement teinté de vert au jaune légèrement teinté d’orange ; pour avoir une teinte franche, une pierre de couleur doit avoir au moins 85% d’une seule couleur bien déterminée.

La Tonalité 

Qui détermine le niveau de luminosité de la couleur, on parle alors de « masque » et une pierre peu lumineuse, qui « joue noir » aura alors un « masque noir (trop sombre) ».

La Taille

Qui est essentielle et apporte la vie à la pierre et peut être jugée en termes de proportions, de finitions, de symétrie et de qualité de polissage ; la Taille ou Cut (coupe) peut sublimer une couleur comme elle peut l’éteindre si elle est mal faite en présentant par exemple des « fenêtres » (un « trou » dans le jeu de réfraction interne de la lumière, qui fait qu’on voit au travers de la pierre) ; de même les critères de Taille doivent être pris en compte pour l’estimation générale des gemmes ; les pierres dites « lourdes » où le tailleur a gardé trop de poids (pour augmenter le prix) au détriment des principes physiques de taille, ou des pierres facettées de façon négligée, irrégulière, avec un mauvais polissage (qui ternit la pierre) ou avec des égrisures marquées, etc.

La Pureté

Qui peut affecter la perception de la couleur, bien que n’étant pas aussi déterminante dans l’estimation de la valeur, comme elle peut l’être dans le diamant; en effet  les pierres de couleur présentent souvent des inclusions ,qui sont pour le gemmologue comme des empreintes identitaires car elles permettent de déterminer l’origine naturelle de la gemme ainsi que parfois son origine géographique, si elle a été chauffée ou non, etc. Certaines gemmes comme l’émeraude sont souvent assez incluses avec des inclusions reconnues comme valorisantes (car typiques) et sont même appelées « Jardin d’Émeraude ».  Toutefois la règle de « la pierre la plus pure » reste toujours valable dans les gemmes : plus une pierre est pure, plus elle est rare et difficile à trouver dans la nature, donc valorisable au niveau marchand. Il est possible de nommer des types de puretés, la meilleure étant dite « Loup Clean » (propre à la loupe), ensuite « Eye Clean » (inclusions invisibles à l’œil), et enfin de caractériser les différents niveaux d’inclusions perceptibles à l’œil, qui peuvent être légers, importants, bien ou mal positionnées (en plein centre, de côté, etc.), etc. L’essentiel pour la pureté des gemmes de couleur étant de toujours bien garder à l’esprit que des inclusions ne sont pas forcément gênantes/dévalorisantes tant qu’elles n’affectent pas la brillance et la perception de la couleur (contrairement aux critères appliqués aux diamants blancs).

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La Transparence

Caractérise la capacité de la lumière à passer au travers de la matière ; la transparence est liée à la matière elle-même, mais aussi à la clarté/la pureté de la pierre, des inclusions nombreuses pouvant altérer la transparence d’une gemme. 
Les gemmes peuvent donc être transparentes, translucide (ni opaque ni transparente mais entre les deux) ou opaques.

Le Pléochroèisme

Qui est l’absorption différente de la lumière suivant les directions cristallographiques de la pierre a un impact plus ou moins marqué sur la perception de la couleur.

Il a aussi un rôle pour le lapidaire (le tailleur des pierres de couleur) car il permet de déterminer dans quel sens tailler la pierre pour avoir la meilleure couleur : par exemple pour un saphir d’un bleu soutenu, on verra (grâce au dichroscope) un axe bleu soutenu (couleur unique – axe optique) et une direction avec 2 couleurs bleu soutenu/bleu vert – vert, il faudra donc tailler la table perpendiculairement à l’axe optique (pas celui qui a les 2 couleurs) pour révéler la meilleure couleur, la couleur franche. Le sens de taille d’une pierre participe donc activement à la révélation de sa couleur. A savoir que la plupart des gemmes utilisées en joaillerie présentent un pléochroïsme (de très faible à très marqué), tandis qu’un seul système cristallin, le système cubique (diamant, grenat, spinelle, fluorite, etc.) est « isotrope », donc avec les mêmes caractéristiques dans toutes les directions de la pierre. 

La plus connue des pierres à fort pléochroisme est sans doute la Zoïsite, avec son trichroïsme (3 couleurs couleurs assez nettes apparaissent) marqué comme dans la Tanzanite.

La Fluorescence

D’une pierre peut également impacter la couleur de façon subtile. Il s’agit de la capacité d’une matière à réagir aux Ultra-Violet, UV longs et courts. Elle révèle par exemple la présence de Chrome dans les rubis et les spinelles et est aussi un des « outils de reconnaissance » utilisé par le gemmologue.

L’Origine

L’origine géographique représente en effet un enjeu de poids pour déterminer le prix des pierres précieuses & fines, car elle reflète en général une ou des spécificité(s) propre à l’origine géologique des gemmes : soit que les gisements sont épuisés ou produisent très peu de quantité de gemmes, ce qui introduit un facteur de rareté supplémentaire, soit qu’ils sont connus pour avoir produit ou produisent encore des gemmes de qualité/couleur exceptionnelles.

*par exemple un saphir ou un rubis de Mogok, donc authentifiés de Birmanie (le Myanmar aujourd’hui), ou un saphir en “Velvet Blue” authentifié du Cachemire, représentent par leur origine seule (et à cause de leur grande rareté bien-entendu et de la qualité exceptionnelle qui peut sortir de ces mines) une véritable “appellation”, un “branding”, une marque de fabrique qui les portent aux nues en termes de valorisation. 

Il en va de même avec les Tourmaline originaires du Brésil dites « Paraïba » et les traces uniques de cuivre dans leur composition chimique, qui leur donnent une couleur extra-ordinaire. Même si des mines africaines de tourmaline ont révélés des caractéristiques identiques (présence de cuivre également), les Paraíbas originelles restent un « Must » et une rareté sur le marché.

La Rareté

Un facteur premier et évident pour la valorisation d’une gemme. En général plus les gemmes sont de haute qualité (Couleur/Taille/Pureté) et plus elles sont importantes en poids (carats), plus elles sont rares. Dans la nature les quantités de gemmes brutes de petites dimensions sont en effet toujours plus importantes que celles des gemmes brutes de grandes dimensions (en belle qualité-gemme) et les gemmes exceptionnelles importantes sont donc « exponentiellement » plus rares.

D’un point de vue économique, le développement des nouveaux marchés des pays anciennement appelés « émergeants » tels que par exemple la Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie, etc., et l’apparition de nouvelles classes moyennes avec un pouvoir d’achat notable, augmente exponentiellement la demande pour les belles gemmes et rendent plus difficiles qu’avant l’obtention de certaines marchandises.

La Question de la dureté

Est importante à expliciter, bien qu’elle n’entre pas directement dans les critères d’appréciation d’une gemme. Il faut juste avoir conscience qu’une gemme est une matière précieuse dont il faut prendre soin, et qui, si elle résiste au temps n’est pas indestructible quand on la porte. Par ailleurs certaines gemmes comme les opales par exemple sont particulièrement sensibles à leur environnement extérieur, au soleil, aux chocs, etc., comme c’est aussi le cas des matières organiques comme les perles

L’échelle de dureté de Moh, de 1 à 10 est celle utilisée pour déterminer la résistance d’une gemme à la rayure. Ainsi le diamant est à 10, le saphir à 9, l’émeraude à environ 7.5, etc. Cependant, résistance à la rayure ne veut pas nécessairement dire résistance aux chocs ! Certains minéraux comme l’émeraude par exemple, qui a une dureté entre 7 et 8 est « affaiblie » par la présence de nombreuses fractures internes et souvent d’inclusions qui la rendent délicate à sertir et la fragilisent. Une pierre précieuse ou fine peut donc casser, même un diamant, et ceci indépendamment de son indice de dureté. 

La Permanence

Ou la capacité de la plupart des gemmes à traverser le temps sans altération, est un facteur d’appréciation. Notre contingence physique, notre temporalité, nous a toujours poussé, paradoxalement, à nous tourner vers l’infini, avec un phantasme d’immortalité que nous pouvons projeter dans des objets indifférents à l’action du temps. C’est ce que nous faisons quand nous transmettons nos biens à nos enfants, nous donnons une partie de nous-même, que nous avons incarnée : les bijoux sont en ce sens des objets de transmission fortement chargés. Non seulement une pierre peut avoir plusieurs centaines de millions d’années, voire des milliards d’années (pour le diamant par exemple), donc un fort ancrage dans le temps (passé) mais elle est vouée à perdurer, à nous survivre et ainsi à se transmettre comme un lien puissant de générations en générations.

Le Certificat de laboratoire

Existe bien-entendu pour les pierres de couleur comme pour le diamant, bien qu’il ne porte pas aussi spécifiquement sur les questions de Taille (Cut) et de Pureté comme c’est le cas pour le diamant. 

En effet, le certificat des pierres de couleur apporte les informations utiles sur le caractère « naturel » de la gemme, si elle a subi ou non un traitement, notamment un chauffage simple, un ajout d’huile (pour les émeraudes en particulier), sur la description de taille, du poids, des mesures, sur la couleur bien sûr, et enfin, quand cela est déterminable, sur son origine.

Les laboratoires ont chacun leur spécificité et si l’on trouve en général toujours un descriptif de base commun des éléments caractéristiques clés de la gemme, certains mentionneront le niveau de « transparence » de la pierre, le niveau de saturation de la couleur, ou encore pourront commenter son origine, etc. 

Les laboratoires de référence utilisés en Europe (la plupart étant suisses) sont les suivants : le « SSEF » et « Gübelin », qui ont une réputation internationale incontestée, de même que le « GRS » sûrement le plus utilisé à travers le monde, la certification de « C.Dunaigre » et du « GGTL », aussi installés en Suisse, l’excellente certification du laboratoire « Lotus Gemology» de Bankgok, géré par un des plus grands spécialistes de Rubis et Saphirs au monde, Richard.W.Hughes.

A noter que le « GIA », LE laboratoire de référence pour le diamant, fournit aussi des certifications pour les pierres de couleur.

Chez Mediam Suisse, nous utilisons bien sûr beaucoup de « GRS » mais avons une préférence nettement marquée quand il s’agit de pierres exceptionnelles pour le « SSEF », qui fournit aussi parfois des « appendix » très intéressants sur les gemmes (commentaires sur l’origine, le caractère exceptionnel de tel ou tel aspect de la gemme analysée, etc.) et très utiles pour leur valorisation.

Le certificat de laboratoire ayant un coup assez important, il n’est pas systématiquement réalisé, si la pierre est par exemple inférieure à 2 ou 3 carats et/ou a une valeur marchande qui ne justifie pas l’ajout d’un cout supplémentaire conséquent.

En revanche il est essentiel pour des pierres de valeur (supérieures en valeur à plusieurs milliers de francs), et tout particulièrement pour des pierres dont l’origine et le fait d’être « naturelle » sans aucun traitement, ni chauffe, a un impact direct sur sa valorisation : 

*par exemple un rubis birman non-chauffé en couleur « Sang de Pigeon » ou un saphir du Cachemire non-chauffé en couleur « Velvet Blue », verront leur valeur décuplée par l’attestation du certificat validant leur origine et leur caractère « naturel » (sans aucun traitement ni amélioration extérieure telle qu’une chauffe simple par exemple).

Si le marchand n’a pas estimé pertinent de faire un certificat (rapport coût/valeur), vous pouvez toutefois toujours lui demander d’en faire réaliser un, dont le coût pourra alors vous être refacturé, après acceptation de votre part du devis. 

Le certificat est un véritable outil de travail, ainsi qu’une sécurisation tant pour le vendeur (même étant gemmologue, ce dernier n’a en effet pas forcement toutes les machines, ni la technologie de pointe, disponibles dans les grands laboratoires, et certaines conclusions, par exemple sur la chauffe naturelle ou faite par l’homme d’une gemme, peuvent être problématiques même avec l’équipement lourd des meilleures laboratoires) que pour l’acheteur.

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